L'héritage vivant d'Ayiti
Musique, danse, Vodou, Kreyòl, littérature — la culture haïtienne est résistante, diverse et profondément enracinée dans une histoire que nul autre peuple ne possède.
Des tambours au Kompa
La musique haïtienne n'est pas un genre — ce sont plusieurs : enracinée dans les rythmes ouest-africains, façonnée par les Caraïbes, ouverte à tout ce qui est venu après.
Une culture musicale en couches
Mizik Rasin (musique racine) associe les tambours Vodou et les chants cérémoniels à des instruments modernes. Le groupe RAM, fondé par Richard Auguste Morse, a rendu Mizik Rasin célèbre à l’international. Leurs sessions du jeudi à l’hôtel Oloffson à Port-au-Prince étaient pendant des décennies le centre musical de la ville.
Kompa (ou Konpa) est le style de danse le plus populaire d’Haïti — un méringue lent et rythmique, développé dans les années 1950 par Nemours Jean-Baptiste. Aujourd’hui, le Kompa domine les fêtes, mariages et carnavals dans le monde entier où vivent des Haïtiens.
Les tambours Vodou forment la base rythmique de nombreux genres. Trois types de tambours — Manman, Seconde, Boula — accompagnent les cérémonies et sont passés dans la musique profane.
Corps, esprit et communauté
La danse en Haïti n'est pas un loisir — c'est une communication, un rituel, une communauté. Les formes vont des cérémonies Vodou à la danse professionnelle sur scène.
Yanvalou, Kongo et Ibo
La tradition de danse folklorique haïtienne comprend des dizaines de styles régionaux, chacun associé à certains Lwa (esprits Vodou), régions ou rituels :
- Yanvalou : mouvements corporels ondulants, associés au Lwa Damballah — l’une des formes folkloriques haïtiennes les plus connues.
- Kongo : style énergique et ancré, originaire du nord d’Haïti, associé aux Lwa Kongo.
- Ibo : nommé d’après la nation Ibo d’Afrique de l’Ouest ; caractérisé par des mouvements vifs et puissants.
Une religion qui mérite le respect
Le Vodou n'est pas de la magie, ni un cliché d'horreur — c'est une religion de la diaspora ouest-africaine avec une profondeur théologique, des structures sociales et une puissance esthétique.
Voix haïtiennes dans le monde
Les auteurs haïtiens écrivent en Kreyòl, en français et en anglais — et comptent parmi les voix littéraires les plus importantes de notre époque.
La littérature comme témoignage et invention
Edwidge Danticat est née en 1969 à Port-au-Prince et a émigré aux États-Unis à l’âge de douze ans. Son roman Breath, Eyes, Memory (1994) est devenu célèbre grâce à Oprah Winfrey ; Brother I’m Dying (2007) raconte l’histoire de sa famille entre Haïti et les États-Unis. Danticat est aujourd’hui l’une des voix majeures de la littérature haïtiano-américaine et enseigne au Miami Dade College.
Dany Laferrière est né en 1953 à Port-au-Prince et a fui au Canada en 1976 après le meurtre d’un journaliste ami. Son premier roman Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer (1985) fut une entrée provocante. En 2013, il a été admis à l’Académie française — premier auteur haïtien à ce titre. Laferrière écrit en français, mais son regard reste celui d’un homme qui n’a jamais oublié Ayiti.
D’autres voix importantes : Marie Vieux-Chauvet, qui a écrit sous Duvalier avec Amour, Colère et Folie (1968) et a dû émigrer ; Gary Victor, l’un des auteurs contemporains les plus lus en Haïti ; et Yanick Lahens, lauréate du Prix Fémina 2014 pour son roman Bain de lune.
Vivre la culture lors du Haiti-Konbit
Lors du Haiti-Konbit annuel, nous apportons la musique, la cuisine et la culture haïtiennes en Allemagne. Danse, Kompa, Pikliz et solidarité — tous sont les bienvenus.